Dans notre série d’articles consacrés à l’histoire de la psychanalyse, après avoir exploré les cas fondateurs de la psychanalyse chez Freud — notamment nos articles sur Anna O. et Emmy von N. — nous abordons aujourd’hui l’une des plus célèbres études de cas de la littérature psychanalytique : Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa (dementia paranoides), publié par Freud en 1911. Ce texte, fondé sur les Mémoires d’un névropathe (1903) du juge Daniel Paul Schreber, constitue non seulement une étape cruciale dans la théorie de la psychose, mais aussi un moment fondateur de la pensée psychanalytique sur la paranoïa — sujet que nous avons déjà évoqué dans notre article sur la psychanalyse entre 1910 et 1915.
Les Mémoires d’un névropathe : un récit de délire extraordinaire
En 1903, paraît à Leipzig un ouvrage singulier : Denkwürdigkeiten eines Nervenkranken (Mémoires d’un névropathe). Son auteur, Daniel Paul Schreber, né en 1842, est un ancien juge — il fut président de chambre à la cour d’appel de Dresde. Entre 1893 et 1902, il fut interné pour une psychose sévère (une première hospitalisation, plus brève, avait eu lieu en 1884-1885), et ce livre est le récit, minutieux et délirant, de son expérience subjective du délire.[1][2]
Les Mémoires constituent un document clinique d’une richesse inouïe. Schreber y décrit un monde entièrement réorganisé par son délire :
- Les rayons divins : des filaments nerveux émanant de Dieu, chargés d’énergie créatrice et destructrice, qui pénètrent son corps pour le transformer.[3][4]
- La transformation en femme : le « mirakel » progressif par lequel Schreber se voit changé en femme, destinée à être fécondée par les rayons de Dieu pour donner naissance à une nouvelle humanité après la « destruction du monde ».[4][3]
- Les attaques de nerfs : des phénomènes de torture mentale perpétrés par le professeur Flechsig de Leipzig, figure paternelle et fraternelle fragmentée dans le délire.[1][3]
- Le « meurtre d’âme » : le processus par lequel Flechsig aurait usurpé les fonctions divines en s’appropriant les « nerfs » de Schreber.[4]
- La langue fondamentale (Grundsprache) : un idiome délirant, mélange d’allemand archaïque et de néologismes obsédants (« nonneur », « pour-une-fois », « supra-composite »), révélant les fondements de la pensée délirante.[3][4]
- La fin du monde : la certitude que le monde connu a été détruit, que seuls subsistent les « rayons » de Dieu, et que Schreber est devenu l’unique être conscient de l’univers, chargé de le recréer.[3][4]
Ces thèmes, baroques et fascinants, ne sont pas de simples divagations incohérentes. Schreber les développe avec une rigueur systématique, une logique interne implacable, et une conscience aiguë de l’absurdité de son discours pour le lecteur « sain d’esprit ». « Ce que vous lisez est peut-être du délire, semble-t-il dire, mais c’est un délire qui se tient. »
La démarche de Freud : une analyse à distance, sans patient
Ce qui caractérise d’emblée l’approche de Freud dans ce cas est son absence de contact direct avec le patient. Contrairement à ses études antérieures — Anna O., Emmy von N., le Rat Man ou le Petit Hans — Freud ne rencontre jamais Schreber. Il se fonde exclusivement sur la lecture des Mémoires, et c’est précisément cette méthode qui fait la singularité de ce texte.[5][6]
Comment analyser un patient sans le voir ? Freud opère un double déplacement méthodologique. D’abord, il traite le texte de Schreber comme un rêve : il y décode des contenus latents sous les contenus manifestes, recherche les condensations et les déplacements, identifie les représentations symboliques. Ensuite — et c’est là l’innovation majeure — il applique à la psychose la même grille d’interprétation qu’aux névroses, cherchant dans le délire paranoïaque un équivalent du travail du rêve, une « grammaire » inconsciente susceptible de déchiffrement.[4][3]
Cette démarche est audacieuse. Elle suppose que le délire, aussi extravagant soit-il, n’est pas du « bruit de fond » mental sans signification, mais une production symbolique structurée, porteuse de sens, articulée autour de conflits psychiques réprimés. La psychose devient ainsi lisible — non pas dans ses contenus apparents, mais dans sa logique inconsciente.
Les thèmes retenus par Freud : homosexualité, projection, mécanisme paranoïaque
Au centre de l’analyse freudienne se trouve la théorie de la paranoïa comme défense contre l’homosexualité refoulée. C’est là le cœur du texte, et cette thèse structurera toute la réception ultérieure du cas.[5][3][4]
L’homosexualité et la projection
Freud reprend la formule de Ferenczi selon laquelle « la paranoïa est une névrose d’auto-défense ». Le mécanisme qu’il identifie est celui de la projection : le sujet paranoïaque commence par adopter une attitude narcissique envers un objet de même sexe (« J’aime lui »), rencontre un refoulement intolérable (« Je ne l’aime pas, car c’est un homme ! »), puis transforme l’affirmation en négation (« Je le hais »), et enfin projette cette haine sur l’autre : « Il me hait et me persécute ».[3][4]
Dans le cas Schreber, ce mécanisme s’actualise autour de la figure du professeur Flechsig. Flechsig était d’abord le médecin de l’asile où Schreber fut interné, puis il devient dans le délire le persécuteur principal, puis le « meurtrier d’âme », puis Dieu lui-même — dans une subtile dissociation entre le « Dieu Flechsig » (mauvais, persécuteur) et le « Dieu suprême » (créateur, mais inépuisablement voluptueux).[4][3]
Du « Je l’aime » au « Il me hait »
Freud décode ainsi le délire de Schreber : derrière la transformation en femme se cache le désir d’être aimé du père, puis du frère (décédé par suicide), puis du médecin Flechsig. L’émasculation, loin d’être une simple hallucination, serait le fantasme inconscient de « recevoir » l’amour masculin — le rêve d’être la femme du père.[3][4]
Les rayons divins pénètrent, cassent, créent des « souffles de doux enchantement » — Freud y voit des représentations érotisées de la pénétration anale, liées à la position passive homosexuelle. La « volupté sans fin » que Schreber décrit comme une torture divine serait en réalité le plaisir homosexuel refoulé, revenant dans le réel du corps sous forme de jouissance insupportable.[4][3]
La question du père
Si Flechsig est le persécuteur dans le délire, c’est parce qu’il représente une figure paternelle — et fraternelle — investie d’affect érotique refoulé. Le texte de Freud laisse entrevoir une généalogie psychique : Schreber vivait dans l’ombre de son père, Moritz Schreber, pédiatre célèbre et auteur d’ouvrages de pédagogie autoritaire (la « pédagogie noire »), qui avait élevé ses enfants dans une discipline rigide. Le frère aîné, Gustav, s’était suicidé en 1877 — événement que Schreber mentionne à peine dans ses Mémoires, mais qui constitue un traumatisme majeur de son histoire familiale.[2][7][8]
Freud, cependant, ne se livre pas à une analyse biographique approfondie du père et du frère. Il reste fidèle à sa méthode : interpréter le texte comme tel, sans investiguer les facteurs externes que nous connaissons aujourd’hui grâce aux travaux de Niederland, Lothane et d’autres historiens.[7]
Les conclusions de Freud : vers une théorie de la psychose
Les conclusions de Freud dans ce texte sont d’une portée théorique considérable :
1. La paranoïa est une névrose au sens où elle partage les mécanismes de base des névroses — refoulement, retour du refoulé, déplacement — mais elle diffère par le fait qu’elle touche à la relation d’objet et implique un mécanisme spécifique : la projection.[5][4]
1. Le délire est un « réparateur du monde » : il reconstruit, à l’aide de fragments du réel, une réalité habitable après la catastrophe psychique du rejet de l’homosexualité. Schreber, par son système délirant, reconstitue un univers où il peut habiter, même si ce monde est uniquement peuplé de ses propres projections.[3][4]
1. La psychose est interprétable : ce texte ouvre fondamentalement la voie à une psychanalyse des psychoses, malgré l’absence de patient et l’impossibilité apparente de transfert. Le délire devient un matériau analysable, comparable au rêve ou au symptôme névrotique.
1. L’homosexualité est un élément central de la paranoïa : cette thèse, audacieuse pour l’époque, fera l’objet de nombreuses controverses, mais elle demeure un apport décisif à la compréhension du mécanisme projectif.[4][3]
La réception à l’époque : entre admiration et réserve
Le texte de Freud sur Schreber est accueilli en 1911 avec un mélange d’admiration et de réserve au sein du mouvement psychanalytique naissant.[2][5]
Jung, alors président de l’Association psychanalytique internationale, salue le texte comme une contribution majeure à la théorie des psychoses. Cependant, il exprime des réserves sur l’interprétation exclusivement homosexuelle, suggérant que d’autres facteurs — notamment l’« abaissement du niveau mental » et les facteurs constitutionnels — doivent être pris en compte.[2]
Ferenczi, dans une lettre à Freud du 12 août 1911, exprime une admiration enthousiaste : « La Schreber-Analyse est un chef-d’œuvre de la psychanalyse. » Il souligne particulièrement la clarté avec laquelle Freud a exposé le mécanisme de la projection.[2]
Abraham, dans une lettre du 17 août 1911, se montre également très positif, mais note que la théorie de la paranoïa comme défense contre l’homosexualité pourrait être trop univoque.[2]
En dehors du cercle psychanalytique, la réception est plus mitigée. La principale critique, qui se développera dans les années suivantes, concerne la méthode elle-même : comment prétendre interpréter un patient que l’on n’a jamais vu ? Les psychiatres de l’époque, formés à l’observation clinique directe, s’interrogent sur la validité d’une analyse « à froid », basée uniquement sur un texte.[9][10]
L’interprétation de Lacan : la forclusion du Nom-du-Père
C’est Jacques Lacan qui donnera au cas Schreber son interprétation la plus novatrice et la plus influente, dans son Séminaire sur les psychoses (1955-1956).[11][12][13]
Du « Je l’aime » au « Il me hait » : la question préliminaire
Lacan reprend la formule freudienne du mécanisme paranoïaque — « Je l’aime » → « Je le hais » → « Il me hait » — mais il la radicalise en y introduisant sa propre conceptualisation de la forclusion. Pour Lacan, ce qui est refoulé dans la névrose est forclos dans la psychose : non pas refoulé dans l’inconscient et susceptible de revenir dans le symptôme, mais radicalement exclu du symbolique, chassé hors du site du sujet, et susceptible de revenir dans le réel.[12][14][11]
Dans la psychose, c’est le Nom-du-Père — la fonction symbolique de l’autorité paternelle, le signifiant maître qui ordonne la symbolisation du désir œdipien — qui est forclos. Ce forclu ne rentre pas dans le symbolique : il revient dans le réel, sous forme d’hallucinations, de « voix », de persécutions corporelles. Schreber entend des « paroles non prononcées », des « paroles de la langue fondamentale » qui lui dictent sa destinée — c’est le Nom-du-Père, non symbolisé, qui revient dans le réel hallucinatoire.[15][16][11]
La métaphore délirante
Pour Lacan, le délire de Schreber n’est pas seulement un mécanisme de défense contre l’homosexualité, mais une tentative de réparation — une « métaphore délirante » — par laquelle le sujet tente de réintroduire dans le symbolique ce qui en a été exclu par la forclusion. Schreber, devenu l’épouse de Dieu, tente de reconstituer une position dans l’ordre symbolique là où il en a été expulsé par l’échec de l’Œdipe.[13][11][15]
La transformation en femme n’est pas seulement une réalisation du fantasme homosexuel passif ; c’est une restructuration du sujet après la catastrophe psychotique. Schreber tente de se reconstituer comme sujet du désir en s’identifiant au repère féminin, dans une position de réceptivité qui lui permettrait de « guérir le monde » par la naissance d’une nouvelle humanité. Le délire devient ainsi une « formation du symptôme » psychotique comparable à la formation du symptôme névrotique — mais avec cette différence fondamentale que le délire tente de réparer une rupture dans le tissu symbolique lui-même.[1][2][3]
La psychose ordinaire et la question préliminaire
Dans son texte de 1958, D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose, Lacan développe cette pensée en affirmant que la psychose n’est pas l’« Autre scène » de la névrose, mais une structure différente, caractérisée par la forclusion du Nom-du-Père. Cette forclusion n’est pas une absence — le père peut être biologiquement présent — mais une non-fonction symbolique. Le sujet psychotique n’a pas accès au « Non du père », à la fonction castratrice qui fonde la loi et le désir dans l’ordre symbolique.[10][11][12]
Pour Lacan, cette distinction a une conséquence clinique majeure : la sobriété du transfert dans la psychose. Contrairement à la névrose, où le transfert permet le travail analytique, la psychose exige du psychanalyste qu’il ne cherche pas à devenir le « sujet supposé savoir », mais qu’il maintienne une distance permettant au délire de se déployer comme « métaphore » restructurante. Le cas Schreber devient ainsi paradigmatique de ce que Lacan appellera plus tard la « psychose ordinaire » — non pas l’effondrement psychotique spectaculaire, mais la possibilité d’une structuration délirante qui permet au sujet de fonctionner, voire de prospérer.
L’héritage du texte : de la psychanalyse à la philosophie et au-delà
L’impact du cas Schreber dépasse largement le champ psychanalytique pour irriguer la philosophie, la littérature, la théorie politique et les études culturelles.
Les lectures critiques et philosophiques
Gilles Deleuze et Félix Guattari, dans L’Anti-Œdipe (1972), proposent une relecture radicalement critique du texte freudien. Pour eux, réduire le délire de Schreber à une histoire d’homosexualité refoulée, c’est le ramener à la « pauvre histoire du père et de la famille », alors que le délire est bien plus que cela : c’est une « machine désirante » qui investit directement le champ social, historique et cosmologique. Schreber ne fantasme pas simplement son père : il produit un système délirant qui traverse l’histoire de l’Allemagne wilhelmienne, l’antisémitisme, le colonialisme, la bureaucratie étatique. Le délire est « cosmique », « planétaire » — il déborde la famille pour investir l’histoire du monde.[8][9][13]
Deleuze et Guattari retiennent du texte de Schreber ce que Freud avait négligé : la dimension « mécanique », « machinique » du délire (les « machines à fabriquer des oiseaux », les rayons comme « appareils »), et la dimension politique (le juge Schreber persécuté par une justice corruptible). Ils voient dans les Mémoires la manifestation d’un désir productif, constructeur, qui ne se laisse pas enfermer dans l’interprétation œdipienne.[13][8]
Elias Canetti, dans Masse et puissance (1960), consacre une analyse majeure au cas Schreber, qu’il considère comme un paradigme du « survivant ». Pour Canetti, Schreber incarne la position du survivant qui, ayant « tué » tous les autres (par le délire de la fin du monde), se trouve investi d’une mission messianique de recréation de l’humanité. La transformation en femme serait liée à cette fonction de « seul survivant » chargé de régénérer l’espèce.[14][15]
Les relectures historiques et biographiques
À partir des années 1970, les recherches historiques nuanceront considérablement l’interprétation freudienne. William Niederland (1959, 1974) et Morton Schatzman (1973) explorent en profondeur la figure du père Moritz Schreber et sa « pédagogie noire » — ces méthodes éducatives fondées sur des appareils orthopédiques, des contraintes corporelles et une discipline rigide qui, selon eux, expliqueraient mieux que l’homosexualité refoulée la genèse de la psychose.[7][16][17]
Zvi Lothane (1992), dans une étude monumentale, réhabilite la figure de Flechsig, montrant que Schreber était réellement victime de traitements abusifs dans l’asile de Leipzig, et que le « délire » contenait une part de réalité. Il critique également l’interprétation univoque de l’homosexualité, suggérant que la « volupté » décrite par Schreber renvoie moins à une position sexuelle qu’à une « ivresse cosmique », une expérience mystique délirante.[18]
L’héritage clinique contemporain
Aujourd’hui, le cas Schreber demeure un texte de référence incontournable pour la psychanalyse des psychoses, bien que les interprétations aient évolué.[19][20][1]
- La psychose ordinaire lacanienne, développée à partir des années 1980 par les élèves de Lacan, prend le cas Schreber comme paradigme d’une structure psychotique qui n’entraîne pas nécessairement l’effondrement total et peut, grâce au délire, permettre une certaine continuité subjective.[6][21]
- Les études de genre et la queer theory ont récemment réinterprété la « transformation en femme » de Schreber non plus comme un symptôme défensif, mais comme une expérience transgenre avant la lettre, interrogeant les catégories binaires de l’assignation sexuelle.[20][22]
- Les neurosciences et la psychiatrie contemporaines s’intéressent au cas Schreber comme document historique précieux sur la dementia praecox de Kraepelin (devenue la schizophrénie de Bleuler), illustrant l’évolution des conceptions nosographiques.[23][18]
- La littérature et les arts continuent de s’emparer des Mémoires : Luis Buñuel a projeté d’adapter le cas au cinéma, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet en ont tiré un film expérimental (Schoenberg’s “Musical Composition” accompanied by a Film based on “The Memoirs of the Nervous Illness” of Dr. Daniel Paul Schreber, 1977), et de nombreux écrivains contemporains ont puisé dans ce matériau délirant.[22][24]
Conclusion : le texte comme questionnement permanent
Le cas Schreber nous offre une leçon essentielle sur la nature même de la psychanalyse. En nous confrontant à ce texte, nous sommes obligés de poser la question fondamentale : qu’est-ce qu’interpréter ? Freud nous montre qu’on peut interpréter sans voir le patient, à condition de lire le texte comme un rêve. Lacan nous montre qu’on peut entendre ce que le délire dit de la structure subjective, au-delà des contenus manifestes. Deleuze nous rappelle que le délire déborde toujours l’interprétation, qu’il y a dans la folie une production de sens qui excède la « famille œdipienne ».
Le cas Schreber est ainsi devenu un « symptôme » de la psychanalyse elle-même — symptôme de ses ambitions interprétatives, de ses limites, de ses évolutions. Il nous confronte à l’énigme de la psychose : comment un sujet peut-il habiter un monde entièrement réorganisé par le délire, et comment cette réorganisation peut-elle être lue, comprise, voire accompagnée ?
Plus d’un siècle après sa publication, le texte de Freud sur Schreber reste vivant parce qu’il pose des questions auxquelles nous n’avons pas fini de répondre. La psychose est-elle interprétable selon les mêmes modalités que la névrose ? Qu’est-ce que la forclusion du Nom-du-Père produit dans le réel du sujet ? Comment accompagner un délire sans chercher à l’éliminer ni à y adhérer ?
Le juge Schreber, devenu l’épouse de Dieu pour sauver le monde, continue de hanter la psychanalyse — et c’est peut-être là le plus bel hommage que nous puissions lui rendre.
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Cet article s’inscrit dans la série du blogue du Regroupement Psychologues Montréal consacrée à l’histoire de la psychanalyse. Pour les articles précédents, consultez notamment nos textes sur Anna O. et ce que les Études sur l’hystérie disent et ne disent pas, Emmy von N., le premier cas de Freud, et la psychanalyse entre 1910 et 1915.
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Sources
Œuvres primaires
- Schreber, D. P. (1903). Mémoires d’un névropathe. Trad. fr. Gallimard, 1995.
- Freud, S. (1911). « Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa (dementia paranoides) ». In Névrose, psychose et perversion. PUF, 1992.
- Lacan, J. (1955-1956). Le séminaire, livre III : Les psychoses. Seuil, 1981.
- Lacan, J. (1958). « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose ». In Écrits. Seuil, 1966.
Études critiques et historiques
- Canetti, E. (1960). Masse et puissance. Trad. fr. Gallimard, 1966.
- Deleuze, G. & Guattari, F. (1972). L’Anti-Œdipe. Minuit.
- Devresse, G. (2019). « Le cas Schreber : lecture de la question préliminaire ». La Psychanalyse.
- Lothane, Z. (1992). In Defense of Schreber: Soul Murder and Psychiatry. The Analytic Press.
- Niederland, W. G. (1974). The Schreber Case: Psychoanalytic Profile of a Paranoid Personality. Quadrangle/New York Times Book Co.
- Schatzman, M. (1973). Soul Murder: Persecution in the Family. Random House.
Sources en ligne consultées
[1] Daniel Paul Schreber — Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Paul_Schreber
[2] Schreber, Daniel Paul (1842-1911) — Encyclopedia.com : https://www.encyclopedia.com/psychology/dictionaries-thesauruses-pictures-and-press-releases/schreber-daniel-paul-1842-1911
[3] Le cas Schreber, analyse d’un récit de passion — Institut Français de Psychanalyse : https://institutfrancaisdepsychanalyse.com/le-cas-schreber-analyse-dun-recit-de-passion/
[5] Fiche de lecture, Le cas Schreber (1911) — juliebillouin.fr : https://www.juliebillouin.fr/details-fiche+de+lecture+de+l+oeuvre+de+s+freud+tome+x+le+cas+schreber+1911-43
[7] Pédagogie noire — Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dagogie_noire
[8] Machine désirante et subjectivité dans l’Anti-Œdipe — OpenEdition : https://journals.openedition.org/philosophique/659
[9] Anti-Oedipus — Wikipedia (en) : https://en.wikipedia.org/wiki/Anti-Oedipus
[10] Interprétation de la question préliminaire en 1972 : https://lire-en-psychanalyse.be/interpretation-de-la-question-preliminaire/
[11] D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose (1958) — École Lacanienne : https://ecole-lacanienne.net/wp-content/uploads/2016/04/1958-01-00.pdf
[12] Forclusion (psychanalyse) — Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Forclusion_(psychanalyse)
[13] Et dans la psychose… le désir par Bernard Moullé — ALI-Provence : https://ali-provence.com/et-dans-la-psychose-le-desir-par-bernard-moulle/
[14] Le survivant sans le syndrome Schreber — Amnis/OpenEdition : https://journals.openedition.org/amnis/875?lang=es
[15] La forclusion : comprendre la psychose chez Lacan : https://lapsychanalyste.fr/la-forclusion-comprendre-la-psychose-chez-lacan/
[16] Alice Miller et la pédagogie noire — Ligue de l’Enseignement : https://ligue-enseignement.be/alice-miller-et-la-pedagogie-noire
[17] La pédagogie noire (regard conscient) : https://regardconscient.net/archi14/1401pedagogienoire.pdf
[18] La forclusion du Nom-du-Père : http://af.bibliotherapie.free.fr/Article%20La%20forclusion%20du%20nom%20du%20Pere.htm
[19] Le cas du Président Schreber, analyse d’une production délirante au regard du transfert social : https://www.analyse-pratique-psycho-sociale.com/single-post/le-cas-du-pr%C3%A9sident-schreber-analyse-d-une-production-d%C3%A9lirante-au-regard-du-transfert-social
[20] Le cas du Président Schreber. Un exemple de délire d’interprétation — Revue Générale : https://journals.openedition.org/rg/280
[22] L’histoire secrète de la modernité chez Daniel Paul Schreber — Revue Germanique Internationale : https://journals.openedition.org/rgi/566
[23] Daniel Paul Schreber — Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Paul_Schreber
[24] Art of the Insane, Art Brut, and the Avant-Garde: 1922-1949 — Harvard DASH : https://dash.harvard.edu/bitstreams/41e06263-33f8-47ee-9349-77047eeb1f3b/download