Une écoute attentive à ce qui vous échappe, dans un cadre qui rend la parole possible
Les psychothérapies psychodynamiques et psychanalytiques partagent une conviction fondamentale : une grande part de ce qui façonne notre expérience — nos choix, nos répétitions dans l'amour et le travail, les symptômes qui nous amènent en thérapie — se joue à notre insu. Le travail consiste à donner à ces mouvements souterrains un lieu où ils puissent être dits, entendus et progressivement compris.
Les deux termes sont apparentés sans être identiques. La psychanalyse, dans sa forme classique, est l'expression la plus intensive de ce travail : généralement plusieurs séances par semaine, le plus souvent sur le divan, sur une longue période. La psychothérapie psychodynamique met en œuvre les mêmes idées fondamentales dans un format plus souple — souvent une ou deux fois par semaine, en face à face — tout en demeurant profondément attentive à la vie inconsciente du patient.
Ce qui les unit n'est pas tant une technique qu'une manière d'écouter : une écoute qui prend au sérieux la parole du patient, y compris dans ce qu'elle a de surprenant pour lui-même.
On pourrait poser la question avec raison : au rythme actuel de la vie, avec l'éventail d'approches efficaces et bien étudiées dont nous disposons, pourquoi entreprendre un travail qui demande du temps et de la réflexion ?
Nous répondrions par l'inverse. C'est précisément à cause de ce rythme, du bruit, et des exigences constantes de performance et de mise en scène de soi que beaucoup de personnes constatent que les interventions rapides les aident à fonctionner sans les aider à sentir. Les symptômes diminuent, puis reviennent, parfois sous une autre forme. Quelque chose a été géré, mais non compris.
Nous tenons cette position dans un respect sincère pour les autres approches. Les thérapies cognitives, comportementales, humanistes et systémiques ont chacune leur place et ont aidé beaucoup de personnes. Nous ne poursuivons simplement pas les mêmes buts ni ne posons les mêmes questions. Là où une autre approche peut viser à modifier un comportement précis, nous avons plutôt tendance à demander ce que ce comportement fait pour la personne, ce qu'il dit, et ce qui devrait être en place pour qu'il ne soit plus nécessaire.
La psychothérapie psychodynamique a été, pendant plusieurs décennies, moins systématiquement étudiée que certaines autres approches. Cela a beaucoup changé ces vingt dernières années. Un corpus important et croissant d'essais randomisés contrôlés et de méta-analyses démontre aujourd'hui que les psychothérapies psychodynamiques et psychanalytiques sont des traitements efficaces pour les difficultés de santé mentale les plus courantes — dépression, troubles anxieux, troubles de la personnalité, troubles somatiques et problématiques relationnelles complexes.
Une méta-revue parapluie publiée en 2023 dans World Psychiatry — la revue officielle de la World Psychiatric Association et la plus estimée de notre champ — concluait que la thérapie psychodynamique satisfait aux critères contemporains de traitement empiriquement fondé pour plusieurs troubles mentaux majeurs, avec des tailles d'effet comparables à celles des autres psychothérapies établies. Les revues systématiques portant sur des dizaines de méta-analyses convergent vers le même constat essentiel : à la fin du traitement, la grande majorité des études ne mettent pas en évidence de différence d'efficacité entre les thérapies psychodynamiques et les autres psychothérapies reconnues.
Mais il y a plus. Le constat le plus distinctif concerne ce qui se passe après la fin du traitement. Une observation qui revient de façon constante dans les études de suivi est que les bénéfices du travail psychodynamique tendent non seulement à se maintenir, mais souvent à s'approfondir au cours des mois et des années qui suivent. Les patients continuent de mûrir, d'intégrer ce qu'ils ont compris d'eux-mêmes, et de faire usage du travail bien après la dernière séance. Cela rejoint la visée clinique sous-jacente : non pas supprimer les symptômes, mais mettre en marche un processus continu de développement psychique.
Pour les difficultés plus complexes ou plus anciennes — dépressions chroniques, troubles de la personnalité, souffrances relationnelles profondes — les traitements plus longs (souvent un an ou plus, à raison d'une séance hebdomadaire ou plus) montrent des avantages significatifs sur les traitements brefs. Là encore, ceci rejoint l'expérience clinique : les changements profonds demandent le temps qu'ils demandent.
Nous partageons ces données non pour opposer une approche aux autres, mais pour rassurer : choisir ce type de travail aujourd'hui n'est pas une préférence romantique pour une méthode ancienne. C'est un choix cliniquement défendable, soutenu par un corpus solide et convergent de recherches contemporaines.
Dans une psychothérapie psychodynamique ou psychanalytique, le patient est invité à parler aussi librement que possible — de ce qui l'amène, de ce qui lui passe par l'esprit, des rêves, des souvenirs, des petits incidents quotidiens qui pourraient sembler sans importance. Le psychologue écoute avec une attention particulière et propose, aux moments justes, des interventions qui aident le patient à s'entendre lui-même différemment.
Cela peut sembler simple. Dans les faits, c'est l'une des expériences les plus exigeantes et les plus libérantes qui soient — précisément parce qu'elle n'a lieu nulle part ailleurs dans la vie ordinaire.
Les séances se déroulent à des moments réguliers, d'une durée régulière, avec le même psychologue. Cette stabilité est elle-même un outil de travail. À l'intérieur d'un cadre fiable, le patient peut se risquer à dire des choses qu'il n'a jamais dites, et des modalités relationnelles qui passent ordinairement inaperçues commencent à se manifester dans la relation elle-même, où elles peuvent enfin être examinées.
Dans la psychanalyse proprement dite, le patient est généralement allongé sur le divan, l'analyste hors de son champ de vision. Loin d'être un vestige, cette disposition a une fonction précise. Délivré du souci de surveiller le visage de l'analyste, le patient peut parler plus librement, suivre ses associations plus en profondeur, et laisser surgir sa vie intérieure avec moins d'autocensure. Beaucoup de patients sont surpris de découvrir à quel point — et avec quelle honnêteté nouvelle — leur parole se transforme dans ce dispositif.
Dans le travail psychodynamique en face à face, le divan n'est habituellement pas utilisé. Certains patients curieux en font toutefois la demande et y trouvent des bénéfices. Quel que soit le dispositif, la même orientation — vers la parole libre et l'écoute attentive — est préservée.
Des modalités qui ont organisé une vie entière — des manières d'aimer, de travailler, d'éviter, de souffrir — ne se défont pas en quelques séances. Les premières semaines d'une thérapie peuvent apporter un soulagement réel, parfois considérable. Mais ce vers quoi nous travaillons est un changement plus durable : non seulement aller mieux, mais se comprendre suffisamment pour ne plus être à la merci des mêmes répétitions.
Cela demande du temps parce que c'est la personne entière qui est engagée, et non une compétence ciblée. C'est plus proche de l'apprentissage d'une langue, ou de la convalescence après une longue fatigue, que de la réparation d'un dysfonctionnement précis.
Cela dit, « prendre du temps » ne veut pas dire « durer indéfiniment ». Chaque thérapie a son rythme, ses questions et sa fin propres. Cette fin, nous la préparons dès la première séance.
Des patients nous demandent parfois si une séance toutes les deux semaines ne suffirait pas. Nous essayons d'être honnêtes avec eux : la plupart du temps, non.
Un processus psychodynamique repose sur une certaine continuité de pensée d'une séance à l'autre. Le patient quitte une séance, quelque chose continue de travailler en lui — un souvenir surgit, un rêve survient, un lien se fait — et il le rapporte à la séance suivante. À raison d'une séance hebdomadaire, ce rythme tient. Avec des séances toutes les deux semaines, une bonne partie du matériel intermédiaire se perd ou se trouve aplatie par la vie courante, et les séances tendent à devenir des bilans plutôt que des séances de travail.
Pour certains patients, et pour la psychanalyse au sens strict, plusieurs séances par semaine s'imposent. Cette fréquence accrue ne consiste pas à « faire plus de thérapie » ; elle permet aux processus inconscients de venir au plus près de la surface et d'être travaillés à mesure qu'ils apparaissent, plutôt qu'après avoir été apprivoisés par la réflexion. Pour d'autres, une fois par semaine est le bon rythme. Nous en discutons avec chaque patient, en fonction de ce qu'il cherche et de ce que le travail lui-même semble appeler.
Il serait malhonnête de promettre un résultat précis — le chemin de chaque patient lui est propre. Mais certaines choses tendent à émerger d'une psychothérapie psychodynamique ou psychanalytique sérieuse :
Ce ne sont pas des slogans. C'est, d'après notre expérience, ce qui tend à se trouver là au terme d'un tel travail.
En psychothérapie psychodynamique ou psychanalytique, on n'a jamais fini d'apprendre. Les situations cliniques que nous rencontrons sont trop singulières, et l'esprit humain trop inépuisable, pour qu'aucun psychologue puisse considérer sa formation comme terminée.
C'est pourquoi les psychologues du Regroupement Psychologues Montréal s'engagent dans une formation continue : groupes réguliers de lecture et d'étude, supervision personnelle auprès de collègues plus expérimentés, intervision entre pairs, participation à des événements scientifiques, et — pour beaucoup d'entre nous — une analyse ou psychothérapie personnelle. Ce n'est pas un supplément optionnel. C'est ce que signifie, pour nous, prendre un patient au sérieux : faire en sorte que l'écoute qu'il reçoit vienne de quelqu'un qui a fait, et continue de faire, ce travail sur lui-même.
Non. Beaucoup de patients arrivent avec une préoccupation claire — anxiété, dépression, relation en crise, répétition insupportable. D'autres viennent parce que quelque chose leur semble ne pas aller sans qu'ils puissent le nommer, ou parce qu'ils souhaitent se comprendre plus en profondeur. Les deux sont des points de départ légitimes. Le travail commence avec ce que vous apportez.
Dans la psychothérapie psychodynamique telle que nous la pratiquons généralement, non — les séances se font en face à face. Le divan est propre à la psychanalyse à proprement parler ; il peut être proposé et discuté à un moment particulier du travail, lorsque vous et votre psychologue le jugez utile. Il n'est jamais imposé.
Beaucoup de gens commencent avec ce doute, et le travail n'exige pas que vous adoptiez une théorie particulière. Ce qui compte, c'est que vous vous autorisiez à parler librement et à écouter ce qui en sort. L'inconscient n'est pas un article de foi ; c'est, plus modestement, le nom que nous donnons à ce qui surgit dans notre parole lorsque nous cessons de la diriger. La plupart des gens en font la découverte par eux-mêmes, à leur manière, au fil du travail.
Voyages, maladies, congés parentaux, contraintes financières : ces situations arrivent, et il importe d'en parler avec votre psychologue. Une absence de quelques séances se planifie facilement. Une pause plus longue demande qu'on s'entende sur un plan de reprise. Et parfois, ce qui semble d'abord un simple empêchement extérieur se révèle, dans le travail, lié à autre chose — un moment de la thérapie qui devient plus difficile, par exemple — et c'est aussi quelque chose qu'on peut comprendre ensemble. Votre psychologue vous aidera à y voir clair.
Oui. Certains patients commencent à raison d'une séance par semaine et, à mesure que le travail s'approfondit, constatent qu'une séance supplémentaire leur serait utile. D'autres commencent à une fréquence plus élevée et la réduisent à mesure que le traitement avance vers son terme. Ces ajustements se décident ensemble, selon ce que le travail semble appeler.
C'est quelque chose vers quoi vous et votre psychologue cheminez ensemble, et que vous reconnaissez ensemble. Il n'existe pas de critère fixe, mais un sentiment finit habituellement par émerger : les questions qui motivaient votre venue ont trouvé une forme plus vivable, ou ont laissé place à d'autres questions qui n'exigent plus ce dispositif particulier pour être abordées. Les fins font elles-mêmes partie intégrante de la thérapie, et nous leur consacrons le temps et le soin qu'elles méritent.
La psychothérapie psychodynamique peut être un élément précieux du traitement de difficultés sévères, souvent en concertation avec un suivi psychiatrique, une médication ou d'autres ressources. En situation de crise aiguë, cependant, ce dont une personne a d'abord besoin, c'est de stabilisation et de sécurité. Votre premier contact avec nous permettra de déterminer si le travail psychodynamique est le bon point de départ pour vous, ou si une autre étape est plus appropriée dans un premier temps. Nous serons honnêtes avec vous à ce sujet.
Pour les lecteurs qui souhaiteraient approfondir ces questions, voici quelques pistes.
Si quelque chose dans ces pages résonne pour vous — si vous sentez que ce que vous cherchez n'est pas un ajustement rapide mais une véritable conversation sur votre vie — nous serions heureux de vous lire. Une première rencontre est l'occasion de poser vos questions et de voir si ce type de travail, et le psychologue qui vous accueille, vous conviennent.
Téléphone : 514 - 497 - 8014
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Le Regroupement Psychologues Montréal inc. – Des psychothérapeutes formés en approche psychanalytique au service de votre bien-être.